Gabrielle a bientôt treize ans. Somalienne d’origine, elle a été adoptée par une couple homosexuel alors qu’elle n’avait pas six mois. George et Phil, ses papas, se sont mariés il y a une quinzaine d’années, en 2013, mais aujourd’hui la loi a changé et George et Phil sont considérés comme des parias. Ils doivent porter un losange rose, vivent dans un ghetto en périphérie de la ville. Plasticiens tous les deux, ils n’ont plus le droit d’exercer leur métier (leur dernière exposition a suscité un vrai scandale chez les bien-pensants), ni d’ailleurs de se promener dans le centre de la capitale sans une autorisation dûment remplie… Avec Embardée, Christophe Léon imagine un futur dans lequel règne l’intolérance, la violence et la peur. Un futur qui nous ramène vers un passé pas si lointain… Un livre qui dérange, qui secoue, qui heurte. Un livre nécessaire.  ()
 



George et Phil habitent à Paris, ce sont des plasticiens reconnus, d’excellents artistes. Ils sont également mariés et heureux papas de Gabrielle, qui a maintenant 13 ans. Leur bonheur est sans équivoque. L’histoire devient moins douce lorsque Christophe Léon nous entraîne dans un futur sombre où les bouleversements les plus cauchemardesques transforment la vie paisible d’une famille homoparentale en quotidien violent où l’intolérance est maîtresse de la rue. Cette histoire ne vous rappelle rien ? Un passé pas si lointain…la discrimination, les interdictions, les losanges roses à porter sur son torse.

★★★★★

Un énorme coup de cœur pour ce roman

Tout commence par un accident : la voiture a fait une « embardée ». Personne ne porte secours aux deux pères ; « la loi interdisant de porter secours à ces gens-là ». Le losange rose cousu sur leurs poitrines rappelant aux témoins qu’ils sont « différents ». Condamnés à vivre dans un ghetto avec les autres losanges roses, ils sont bannis et fichés. Leurs droits ont été proscrits : plus d’union en mairie, plus le droit d’adopter d’enfants, plus de défilés mais en dépit de cette société à vomir George et Phil s’aiment plus que tout et inculque à leur fille le mode de survie. Les injustices répétées dans ce roman m’ont rapidement fait mal au cœur. Nous apprenons à un passage que Gabrielle est somalienne et elle se fait traiter de « négresse » dans la cour de l’école. Une scène étrange pour la fillette car son environnement familial était jusque là dépourvu de tout racisme. Mais George et Phil arrivent à tout arranger à chaque agression ce qui nous rend le sourire. Ce roman pousse à la réflexion : et si tout cela arrivait ? L’alternative que propose Christophe Léon n’est pas impossible, le roman est d’ailleurs très crédible. Le schéma de la famille traditionnelle n’est pas remis en cause : un papa + une maman = enfant épanoui. Pourquoi pas. Mais l’auteur nous montre que deux papas peuvent rendre également un enfant heureux. Par ailleurs Gabrielle est traumatisée par toutes les violences extérieures dont elle est le témoin et parfois la victime et non pas par le fait d’être élevée par deux hommes. D’ailleurs l’amour qu’ils se portent est exemplaire et rend leur foyer chaleureux. N’importe quel enfant rêverait de grandir dans une famille comme la leur.

Il y a un élément dans le roman que je n’arrive pas à me sortir de la tête : Christophe Léon fait mention d’un groupe que je qualifierai de terrifiant. La LVF : Ligue pour les Valeurs Familiales qui milite pour l’internement psychiatrique des losanges roses. Actuellement, il existe des gens persuadés que l’homosexualité est une maladie.

Ce roman est brillant, il ouvre l’esprit.




Roman court mais percutant, ce dernier-né de Christophe Léon aux éditions La joie de lire ne laisse pas indifférent.
C'est un constat rassurant, je sais que lorsque j'aborde un nouveau roman de l'auteur, je vais y retrouver son originalité dans l'écriture et la manière de penser, et que je vais aimer ce que je vais lire.
Embardée ne fait pas exception à la règle, malgré son format très court il marque le lecteur.
L'idée de départ est celle d'une société pas si lointaine dans le temps où les homosexuels sont devenus des parias. La loi a changé, le mariage pour tous n'est plus qu'une belle utopie et désormais les couples homosexuels doivent arborer un losange rose et vivre dans un ghetto à la périphérie de la ville.
Gabrielle, jeune adolescente d'origine somalienne a été adoptée par George et Phil, ses papas, à l'âge de six mois. L'histoire démarre quand ces deux pères décident de braver les interdits et de se rendre dans la capitale pour chercher un cadeau d'anniversaire pour leur fille.
Christophe Léon donne à réfléchir avec ce roman qui revient sur le débat houleux qui a ébranlé la France au moment de l'adoption de la loi du mariage pour tous. Il nous donne à voir une société finalement pas si éloignée de la nôtre (et c'est ce qui fait froid dans le dos), dans laquelle l'intolérance, la peur et la violence ont pris le pas sur le reste.
Son écriture se révèle toujours aussi efficace, en quelques mots il plante un décor qui happe le lecteur et maintient son attention.
Un excellent roman. ()




Dans Ouest France



Gabrielle a la particularité d’avoir été adoptée par deux papas. Elle vit dans un monde pas si éloigné du nôtre ou plutôt de ce qu’il pourrait devenir sans prise de conscience. En effet, le pouvoir en place a fini par éloigner dans un ghetto les familles qui ne sont pas traditionnelles au grand dam des parents de Gabrielle qui voient peu à peu leur société changer. Le point de vue utilisé est intéressant car le livre débute par ces mots : « les témoins présents sur la scène de l’accident diront que la voiture roulait trop vite... » et permet à l’héroïne de raconter ce qui est arrivé à ses pères alors qu’elle était restée chez elle et de revenir en arrière.
Un petit roman qui donne à réfléchir et qui m’a permis de me réconcilier avec Christophe Léon que je trouvais beaucoup trop moralisateur. J’ai trouvé la métaphore de la grenouille particulièrement bien choisie : « Mets une grenouille dans de l’eau froide, puis allume le feu au minimum. La grenouille va cuire doucement sans s’en rendre compte, et elle finira par mourir ébouillantée. Jetée dans l’eau déjà bouillante, elle n’y serait pas restée une seconde et aurait bondi hors de la casserole. C’est un peu ce qui nous attend, Gabrielle. Si personne ne réagit, ça va drôlement chauffer pour nous. » ()





Cette histoire se déroule autour des années 2030. Jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'un nouveau parti, George et Phil, mariés et heureux d'avoir adopté une petite fille, sont des artistes plasticiens renommés.

Un roman post-mariage pour tous : fictionnel ? Pas si sûr quand on connaît l'Histoire avec ses persécutions des juifs, des tziganes, des handicapés, des homosexuels.

Après les élections municipales, l'intolérance va en grandissant à Paris. Avec son lot de violence qui l'accompagne. Le nouveau parti – la Ligue pour les Valeurs Familiales – gagne la mairie et ne reconnaît que les familles traditionnelles. Gabrielle, leur fille, est la narratrice :

« Je me prénomme Gabrielle et j’attends mes papas. J’aurais bientôt treize ans. Mes parents m’ont eue alors que j’avais six mois. Ils sont venus me chercher en Afrique, en Somalie, pour être plus précise à Mogadiscio, puis ils sont rentrés en France et nos vies se sont métissées pour former une famille unie et heureuse – je crois – non, j’en suis sûre ! » (p. 8)

Rapidement, les couples homosexuels sont confinés dans un ghetto à l'extérieur de Paris. Ils perdent rapidement le droit d'en sortir et ils doivent porter un losange rose sur leur vêtement.

Il est très difficile aux résidents du ghetto d'en sortir car une milice veille. Sans autorisation spéciale, il est impossible de rejoindre Paris et les autorisations sont rares. N'ayant même plus accès à Internet, le sort personnel et professionnel des rejetés vire au cauchemar.

— Messieurs, afin d'assurer votre sécurité, la préfecture de police de Paris a le plaisir de vous transmettre vos nouvelles cartes d'identité qui remplacent les anciennes. Vous avez obligation de ne jamais vous en séparer lors de vos déplacements. Les losanges de tissu rose réglementaires, joints également à l'envoi, doivent être clippés par tous les moyens à votre convenance sur vos vêtements, et être visibles par toute autorité. Aucune modification ne doit être apportée, ni dans les dimensions ni dans le coloris. Il s'agit d'une mesure de précaution. Toute agression on à votre encontre sera ainsi caractérisée comme homophobe et pénalement justiciable. Le gouvernement entend de cette manière vous défendre et permettre aux forces de l'ordre d'assurer votre sécurité. Veuillez, messieurs, agréer... (pp. 55-56)
Embardée, Christophe Léon

N'ayant plus le droit d'exposer leurs œuvres, la notoriété des deux artistes disparaît rapidement d'autant que le peuple ne réagit pas à ces privations de liberté exercées sur les homosexuels, les étrangers (Gabrielle se fait traiter de « négresse »), les célibataires, tous ceux qui ne respectent pas les normes de la famille conventionnelle.

« Je suis avocat, et j'ai maintes fois plaidé contre ces justiciables. Quand ils parlent d'amour et de liberté, ah la belle excuse ! Moi, je réponds droit et légalité. Si nous ne pouvons pas encore casser juridiquement leurs mariages, nous pouvons pour le moins nous prémunir d'eux en les regroupant dans des centres ou des villes d'accueil. Il n'y a aucune raison valable de ne pas appliquer la loi. Leurs fumeuses associations de défense peuvent bien nous intimider et remuer ciel et terre, nous ne nous laisserons pas faire ! La démocratie, c'est accepter la loi de la majorité et de la sagesse. Nos concitoyens ne veulent pas d'eux, ce qui est du simple bon sens. La justice est la même pour tous ! Personnellement, ils me répugnent. C'est pour cette raison que je milite dans un parti politique, pour qu'enfin soit reconnue et inscrite dans la Constitution la notion de mœurs de souche, qui est le fondement de notre société et de notre culture. Je me bats pour la préservation de nos valeurs originelles et hygiéniques, afin que des pratiques dépravées, pour ne pas dire des mélanges immondes, ne finissent pas par contaminer irrémédiablement la Nation. » (pp. 41-42)

Toutes ces interdictions et ces contraintes n'entament pas la confiance que George et Phil se portent ni l'amour qu'ils donnent à leur fille Gabrielle.

Au chapitre 3 du roman, Phil pose la question de savoir si une loi est toujours légale. George répond que « résister, c'est souvent s'opposer à une loi ou à un règlement » (p. 14). Les deux artistes décident ainsi de produire une œuvre pour combattre cette intolérance. Ils utilisent pour cela des photographies et des mots :

« Les mots et les hommes... reprend Phil, confronté à mon silence et dans l'intention de m'expliquer leur dessein. Oui, des hommes et des mots, c'est ce que nous avons tenté de traduire en image. Les hommes ne sont rien sans les mots. Ce sont eux qui nous nomment et font de nous des êtres réellement vivants. C'est par eux que nous combattons nos peurs et que nous parvenons à faire la paix. Aujourd'hui, la société manque de mots, elle préfère la barbarie à la culture, vois-tu, ma chérie. Je n'écoutais que d'une oreille distraite. Les HOMMOTS infusaient en moi. Je n'avais nul besoin de parlottes pour comprendre ces choses-là. Ils avaient à la fois un côté animal et terriblement humain. Voilà ce qu'une petite fille de douze ans éprouvait en les voyant : un saisissement étrange et envoûtant. » (p. 69)

« Chaque lettre est constituée d'hommes imbriqués les uns dans les autres, comme un enchevêtrement de lianes, totalement nus et d'une beauté à couper le souffle. On ne reconnaît personne, les visages et les sexes sont dissimulés, qui par un bras qui par une jambe, un torse, des fesses, un pied... Certainement pas impudique, mon AMOUR est un hymne à la tendresse. Chaque HOMMOT relevait de la même technique opératoire, Phil et George ayant opté pour la neutralité : une photographie panoramique sur un fond blanc. Les HOMMOTS étaient constitués soit de lettres-hommes, soit de lettres-femmes. Un seul, TOLÉRANCE, était mixte et se composait d'un entrelacs à parts égales d'hommes et de femmes. Il y en avait en tout dix : AMOUR (hommes), PARTAGE (hommes), GARÇONS (femmes), LIBERTÉ (femmes), TOLÉRANCE (mixte), FILLES (hommes), VIVRE (femmes), ESPOIR (hommes), ESPRIT (femmes), DOUCEUR (hommes). » (p. 72)

Ce petit roman invite à la réflexion sur les critères que se donne une société pour organiser la vie. La fin du livre laisse un espoir aux lecteurs : l'humanisme n'est jamais totalement détruit… ()


En lisant ce court roman, je ne sais pas à quoi je m'attendais mais certainement pas à ça... Il était plutôt petit ce livre qui se trouvait sur le rayon des nouveautés, la couverture en noir blanc et rose dans un décor parisien m'a interpellé. Un peu mais pas spécialement. Je l'ai pris et si j'ai choisi de le lire aujourd'hui c'est parce que je n'avais aucune envie de prendre un long bouquin. Le résumé, me laissait songeuse:

Dans un futur assez proche, George (sans s) et Phil habitent à Paris (on aurait pu s'en douter à cause de la couverture). Ce sont des artistes reconnus. Ils sont mariés et père de Gabrielle. Leur vie est paisible et très heureuse, jusqu'à ces jours où tout basculent: restriction des libertés, interdiction de travailler, losange rose, laissez passer, ghetto...

Cela ne vous rappelle t'il pas quelque chose?

Le contexte dans lequel débute ce roman n'est pas des plus réjouissant. Un monde semblable au nôtre, niveau environnement et innovations mais pour ce qui est du reste (lois, mentalités)... C'est la seconde Guerre mondiale. Mais cette fois ci, ce n'est plus les juifs dans la ligne de mire, mais les homos...

Comme durant la Seconde Guerre Mondiale, on rencontre les mêmes styles de personnes... Comme si les gens n'avaient rien appris des erreurs passées.

Les gens qui ne font qu'obéir qui ne se posent pas de questions, ceux qui dénoncent, ceux qui font des petits gestes, ceux qui résistent...

Tous ces gens que rencontrent Phil et Georges après leur embardée en voiture alors qu'ils sont partis chercher un cadeau pour l'anniversaire de Gabrielle.

Tout cela nous est racontée par Gabrielle qui alterne entre souvenirs, ce qui arrive à ses pères et ce qui lui arrive à elle. Rendant le tout un peu fouillis et enfantin.

Mais le but de ce livre, c'est la réflexion qu'il nous apporte. On est vraiment outré de ce qu'on lit mais ferions nous quelque chose si on y était???

Comme le passage de l'histoire de la grenouille et de l'eau bouillante.

On se dit tous que oui mais est ce la vérité? On ne peux qu'espérer...

Ce livre est vraiment bon et montre ce qui peut malheureusement nous arriver si on ne prend pas garde...

Il m'a rappelé une citation "celui qui ne connaît pas les erreurs du passé et condamné à les revivre" Karl Max

On peut aussi le voir autrement, non plus dans un futur proche mais dans notre présent dans d'autres pays et même parfois en France...

L'intérêt de ce livre réside en deux choses : la morale car même si l'histoire est intéressante, le style d'écriture ne m'a pas particulièrement marqué et est un peu enfantin. De plus on n'a pas le temps de s'attacher aux personnages en 92 pages.

La deuxième est la fin, complètement ouverte, quand je l'ai lu, je ne sais pas pourquoi (attention je vais spolier après) je me suis imaginée qu'ils allaient tous mourir... Comme dans une sorte de chambre à gaz... Peut être parce que durant tout le roman le parallèle avec la Seconde Guerre Mondiale est trop présent. En y repensant je me dis peut être que ce n'est pas ce qu'a voulu l'auteur ! Vu que Gabrielle raconte l'histoire de ses pères on peut imaginer qu'ils ont survécu. Enfin je l'espère...

En conclusion:

Un très bon roman à l'écriture un peu brouillonne et enfantine mais à la morale assez dure et belle qui fait le parallèle avec la Seconde Guerre Mondiale tout en possédant une fin ouverte (ce que je déteste !!!). ()





Georges et Phil sont mariés et heureux papas de Gabrielle. Plasticiens encensés par toute la critique, ils font partie intégrante de l’intelligentsia parisienne. Mais cela, c’était avant les élections et l’arrivée au pouvoir d’un nouveau parti.

Dès lors, tout va crescendo.

À l’instar de la grenouille qui se laisse ébouillanter sans s’en apercevoir lorsqu’on la met à cuire à feu doux, le peuple ne se rend pas compte de la montée de la violence et de l’intolérance.

Pire, il y participe: les lieux estampillés «Familles traditionnelles» pullulent, les agressions homophobes sont désormais monnaie courante.

Puis c'est le parcage des familles homoparentales dans des ghettos, les cartes d’identité et le marquage mis en place pour les reconnaitre au premier coup d’œil…

L’Histoire qui se répète en somme, où tout un chacun en est le témoin et le complice.

Un roman saisissant, un coup de poing dont nous avons surement tous besoin aujourd’hui. À mettre entre toutes les mains !





Gabrielle a bientôt treize ans. Somalienne d'origine, elle a été adoptée par un couple homosexuel. George et Phil, ses papas, se sont mariés il y a une quinzaine d'années, en 2013, mais aujourd'hui la loi a changé et ils sont considérés comme des parias. Ils doivent porter un losange rose, vivent dans un ghetto et n'ont plus le droit d'exercer leur métier.Victimes d'un accident de la route, poursuivis par la brigade d'interception, George et Phil ne peuvent se fier à personne. Comment avertir Gabrielle ? Comment semer leurs poursuivants ? Et pour aller où ? C. Léon imagine un futur dans lequel règne l'intolérance, la violence et la peur. Un futur qui nous ramène vers un passé pas si lointain.Un livre qui dérange, qui secoue, qui heurte. Un livre nécessaire. ()





Les premières lignes du roman : « Les témoins …diront que la voiture roulait trop vite, qu’elle a dérapé, fait une embardée.. » : le titre se fait l’écho de l’accident qui génère la narration présente.

 Gabrielle raconte. Bientôt treize ans, elle attend ses papas.

George et Phil se sont mariés en 2013 et l’ont adoptée alors qu’elle avait six mois. Ils avaient été la chercher en Somalie et puis ils étaient rentrés en France.

Leurs « vies se sont métissées pour former une famille unie et heureuse » jusqu’à ce que les lois ne tolèrent plus les couples homosexuels, les parquent dans un ghetto, les obligent à porter un losange rose… Alors Gabrielle partage les humiliations, les angoisses, les empêchements de vivre « comme avant quand ses papas, artistes plasticiens de renom, habitaient un quartier huppé de Paris »

L’auteur situe ses personnages et son histoire dans un temps futur où la population en situation de crise économique s’en prend à une minorité visible « marginale » donc devenue intolérable. Cette anticipation n’est pas éloignée de « notre présent » et surtout fait écho à un passé proche !!

Un climat de tensions dans la peur et la violence en crescendo s’installe sous la plume experte de l’auteur.

Le récit de Gabrielle «  en attente de ses papas » est émaillé de retours dans le souvenir des moments heureux d’avant  qu’elle raconte à la première personne et d’autres éléments narratifs qui restituent à la fois le parcours de fuite de George et Phil, contrevenants à la loi, blessés dans l’accident, pour échapper à la traque orchestrée par les pouvoirs publics et d’autre part les discours des témoins de cet accident lors du procès qui s’ensuivra…

Le lecteur attentif et exigeant comprendra que ces passages qui semblent hors champ du présent de la narration de Gabrielle ont très bien pu être racontés à la jeune fille postérieurement et donc connus d’elle comme dans un futur antérieur ou anticipé au moment où le récit commence … « Les témoins présents sur la scène de l’accident diront.. »= première phrase et page 12 « Les gens viendront me chercher…Je me cacherai sous mon lit.. »

L’écriture de Christophe Léon est fluide, le récit concis , le lexique précis et l’humour très présent.

Un sujet qui interpelle la réflexion, qui fait débat encore …

Une narration emplie d’émotions et d’observations pertinentes.

Donc UN LIVRE BIENVENU.  ()






Adoptée en Somalie à sa naissance, peu après le mariage de ses papas en 2013, Gabrielle est une ado de 13 ans, bien dans ses baskets, heureuse. Jusqu’à ce que la Ligue pour les Valeurs Familiales s’empare de la mairie et se donne pour but d’ostraciser les familles issues du mariage pour tous. Les lois se durcissent, l’étau se resserre, la pression monte mais Phil, Georges et Gabrielle font de la résistance. Leurs armes ? La culture, le rire et surtout, la création artistique, comme moyen de désobéissance civile… Mais jusqu’à quand tiendront-ils ? Christophe Léon signe un roman de « Social Fiction » court, percutant, sorte de parabole à toutes les formes d’intolérance. Certes, on est un peu bousculé au départ par le parallèle avec la situation des Juifs sous l’Occupation, certes, le propos semble caricatural. Mais c’est le but : exagérer pour faire réfléchir, grossir le trait pour révéler à quel point sa couleur est criarde, à quel point elle jurerait sur la toile d’une démocratie plus juste et bienveillante. (Le Télégramme, 26 avril 2015)





Découvrez le coup de coeur de Corinne, documentaliste au lycée Sainte Colombe à Saint Denis-les-Sens...

Mariés depuis 15 ans et pères de Gabrielle 13 ans, George et Phil sont artistes plasticiens renommés et vivant une vie familiale et professionnelle épanouies jusqu’à ce que Pierre-Marie Le Guen soit élu à la mairie de Paris.

Les lois changent, par « mesure de précautions » et pour « assurer leur sécurité », ils devront clippés un losange rose sur leurs habits, ainsi toute agression pourra être caractérisée d’homophobe, ils ne pourront plus s’embrasser en public sous peine d’amende et d’emprisonnement.

Puis arrive cette nouvelle loi, leur demandant de quitter Paris pour habiter en banlieue parisienne dans une petite ville aménagée pour eux... A l’aube des 13 ans de leur filles, George et Phil souhaitent lui offrir un cadeau à la hauteur de son âge, mais pour cela il faut se rendre dans Paris..







Au début, j'ai eu peur des stéréotypes.
Un couple homosexuel, forcément artistes.
Une fille adoptée, forcément africaine.
Un  élu extrémiste, appelé Pierre-Marie Le Guen.
...
Et puis non, Christophe Léon ne tombe pas dans la facilité.
Il nous amène rapidement dans une fiction d'anticipation et provoque l'indignation ; tant cela pourrait être la réalité.
Des lois sont votées  : désormais les homosexuels sont refoulés dans des ghettos, parqués dans la banlieue, fichés, obligés de porter un losange rose sur leur veste, ... alors la vie de Phil, George et leur fille Gabrielle bascule.
Comme à son habitude Christophe Léon pousse le lecteur à réfléchir, et particulièrement ici, il nous invite à réaliser les limites de la tolérance, de l'absurdité, de l'homophobie et ... ça fait peur. ()





« Dans les premiers temps, de nombreuses personnes, quand elles parlaient du ghetto, faisaient référence à un camp de concentration, mais bientôt il fut interdit d’employer ces termes. L’appellation officielle était : « Centre de rétention administrative et prophylaxie familiale » ».

George et Phil habitent à Paris, ce sont des artistes reconnus et les heureux parents de Gabrielle, adoptée en Somalie. Ils se sont mariés, il y a quelques années et ont une vie familiale paisible à trois. Mais petit à petit, les choses changent, des petits détails viennent enrayer leur quotidien. Et puis ce qui semblait n’être rien devient plus grave. Cela commence par une obligation de déménager soi-disant pour les protéger puis ce sont les interdictions d’aller dans les parcs, les cinémas et même les hôtels car ceux-ci sont certifiés Hôtel Famille Traditionnelle. Et après le ghetto vient le losange rose a coudre sur les vêtements.

Cette histoire n’a pas lieu durant la Seconde Guerre Mondiale et il ne s’agit pas de Juifs. Christophe Léon imagine un futur pas si lointain où une régression sociale a eu lieu, les personnes visées sont les homosexuels, jugés personae non gratae.

Ce roman nous replonge dans le passé et tire la sonnette d’alarme afin de ne pas refaire les mêmes erreurs et de ne pas retomber dans la même violence et le même climat d’intolérance que durant la Seconde Guerre Mondiale où les Juifs devaient porter une étoile jaune, les Tziganes un triangle noir et les Homosexuels… le triangle rose. ()



Embardée, paru aux Editions La Joie de lire​ dans le quotidien suisse La liberté (août 2015)







Que dire de ce livre à part qu'il devrait être étudié en Education civique à l'école ?...
Un livre qui amène la réflexion, le débat sur toutes les sortes de phobies, sur les conséquences de la stigmatisation et l'intolérance.
Un livre pour prendre conscience que nous possédons tous une conscience et qu'il faudra tout mettre en oeuvre pour ne jamais arriver à la situation décrite ici. ()






Puisse cette fiction le demeurer toujours et aider à alerter les décérébrés – dont près de 20% de gays! – qui sombrent dans le désir douteux d’une droite très dure. Deux hommes, mariés et pères adoptifs d’une enfant née en Somalie, vont vivre, sous le nouveau pouvoir (né d’élections?) un cauchemar éveillé qui les écartera progressivement de tout, nouveaux parias au «losange rose»… Vrai électrochoc, ce livre doit inciter à une vigilance intelligente et extrême face aux nostalgiques du vichysme, plus qu’entrevus lors des «manifs pour tous» ()






Coup de cœur de la revue INTER-CDI (mars/avril 2016)




Gabrielle attend... seule...que ses papas rentrent à la maison. Mais ce qu'elle ignore, c'est qu'ils sont sortis du ghetto sans autorisation et qu'ils ont eu un accident. Ses papas sont désormais des fuyards. Alors elle se rappelle : son adoption, les jours heureux avec ses papas artistes renommés, les vacances à Pornic, puis l'arrivée au pouvoir d'un parti intolérant, raciste, homophobe, qui prive petit à petit de leurs droits les "invertis", leur interdit de travailler, les regroupe dans un ghetto, les force à porter un losange rose. Comme une autre "minorité visible" en d'autres sombres jours... "Embardée" est un livre choc, jusqu'à la dernière ligne. D'autant plus que ce n'est pas une dystopie, la société décrite est bien la nôtre, actuelle, avec des références déjà insidieusement présentes ("Un papa + une maman", "manif pour tous"...). Et on a beau se dire qu'une telle intolérance, un tel ostracisme ne peuvent plus exister de nos jours, on se prend à douter à la lecture de ce livre. La montée de la discrimination y est méticuleusement dépeinte, lente et perverse, faite pour être petit à petit acceptée par la population, comme l'éviction des Juifs de la société le fut dans les années 30 en Allemagne et ailleurs, avec un appareil législatif, tampons de la République etc... Christophe Léon ne ménage pas ses lecteurs, allant jusqu'à leur donner un moment de répit avant le coup fatal. Glaçant !  ()



Embardée sur Nomife, juin 2015




Booktrailer effectué par une classe de seconde du lycée Jean Moulins de Roubaix




Mariés depuis 15 ans et pères de Gabrielle 13 ans, George et Phil, artistes plasticiens renommés vivaient une vie familiale et professionnelle épanouies, jusqu’à ce que Pierre-Marie Le Guen soit élu à la mairie de Paris. Les lois changent,  par « mesure de précautions » et pour « assurer leur sécurité », ils devront clippés un losange rose sur leurs habits, ainsi toute agression pourra être caractérisée d’homophobe, ils ne pourront plus s’embrasser en public sous peine d’amende et d’emprisonnement. Puis arrive cette nouvelle loi, leur demandant de quitter Paris pour habiter en banlieue parisienne dans une petite ville aménagée pour eux, qui ressemble ni plus ni moins à un ghetto où chaque sortie doit faire suite à une demande d’autorisation préalable.

A l’aube des 13 ans de leur filles, George et Phil souhaite lui offrir un cadeau à la hauteur de son âge, mais pour cela il faut se rendre dans Paris. C’est clandestinement qu’il s’y rendront, laissant Gabrielle seule et nous racontant par l’intermédiaire de flash back comment leur vie à  a basculé au cauchemar .

Face à la montée de l’extrémisme, Christophe Léon donne à réfléchir et à réagir à son lecteur, sur ce qui pourrait arriver dans un futur proche et qui nous ramènerait bien des années en arrière. Un roman définitivement coup de poing, faisant écho à l’actualité d’aujourd’hui : il y trouvera incontestablement toute sa place. ()






Et si dans un futur proche, les homosexuels étaient stigmatisés comme les juifs dans la France occupée ? Avec Embardée, Christophe Léon imagine un monde bien pensant où les familles issues du mariage pour tous seraient confinées dans un ghetto, histoire de ne pas contaminer les autres. Avec ce roman de « social-fiction », l’auteur nous invite à rester vigilants face à la montée de toutes les tentations extrémistes. Édifiant !

 « Je me prénomme Gabrielle et j’attends mes papas.
J’aurais bientôt treize ans. Mes parents m’ont eue alors que j’avais six mois.
Ils sont venus me chercher en Afrique, en Somalie, pour être plus précise à Mogadiscio,
puis ils sont rentrés en France et nos vies se sont métissées
pour former une famille unie et heureuse – je crois – non, j’en suis sûre ! »

C’est un roman court. Incisif. De la SF qui frappe à nos portes. Christophe Léon est champion pour nous offrir une plongée dans nos sociétés malades et nous embarquer loin, là où l’on n’a pas envie de regarder.

Hier, c’était la fuite des responsabilités civiles face à la responsabilité paternelle, avec le formidable Délit de fuite. Puis l’auteur s’est emparé de la détresse au travail et du harcèlement moral, dans La Vie est belle, et plus récemment il remettait la crise au centre des questionnements dans X-Ray la crise.

Avec ce nouveau roman, Christophe Léon imagine la dangereuse montée, en France, de la stigmatisation des familles homosexuelles post-mariage pour tous.

George et Phil sont deux artistes reconnus, sculpteurs, peintres qui travaillent et élèvent ensemble la petite Gabrielle qu’ils ont adoptée après leur mariage. Ils vivent de leur art dans une harmonie épanouissante pour l’enfant et pour leur couple. Mais l’humeur ambiante change.

La Ligue pour les Valeurs Familiales gagne la mairie, mais ne compte pas s’arrêter là. Peu à peu, voilà Phil et George – comme bien d’autres – pointés du doigt : ce sont d’abord les parents à l’école, puis des camarades de classe qui demandent à Gabrielle de « retourner dans son pays », des galeries officielles qui refusent d’exposer les artistes… Et bientôt les lois se durcissent : deux personnes du même sexe s’embrassant dans un lieu public deviennent passibles d’une amende. Le jour où Phil et George voient leur réservation de vacances annulée, car leur hôtel vient de recevoir le label « Hôtel Famille Traditionnelle », le jour où ils reçoivent un avis de recensement ainsi qu’un losange rose à épingler sur leur veste, ils savent que le monde marche sur la tête !

Mais ce n’est bien sûr que le début, car les voilà contraints de quitter leur bel appartement-atelier parisien pour emménager en banlieue dans un ghetto, surveillé par une milice. Ne plus sortir sans autorisation spéciale, ne plus avoir accès à Internet, voilà leur sort et ce à quoi ils ne peuvent se résoudre.

Alors ils vont utiliser la meilleure des armes : leur art. Ensemble, ils préparent en cachette une exposition de photos qui va faire grand bruit, car ils ne veulent plus taire les humiliations. Une exposition d’une grande force humanitaire comme un cri révolutionnaire, car comme le dit Phil, « Humains, voilà le seul genre que j’admets.»

C’est un roman qui fait froid dans le dos et qui se dévore comme un polar ! Christophe Léon attire notre regard sur le besoin de tolérance, le message d’altruisme, d’amour face à la montée grandissante de toutes les intolérances. Et un appel à rester vigilant, comme la question que se pose Phil au début du roman :

« La loi est-elle toujours légale ?
– Elle est bizarre papa ta question.
– Pas tant que ça, Gabrielle.
– Résister, dit George, c’est souvent s’opposer à une loi ou à un règlement. »

Et c’est bien un roman qui appelle à réveiller l’esprit de résistance :

« Nous ne sommes pas dans la France de 1940, tout de même !
– Non, et c’est pire. Aujourd’hui nous voyons l’Histoire se répéter
et personne ne lève le petit doigt. »

Christophe Léon nous secoue, pour mieux nous faire réfléchir et garder en nous bien vivace ce qu’il reste de la plus belle idée de la démocratie, la tolérance, le vivre ensemble.
La démocratie… tiens, tiens, un sujet qui mériterait un prochain roman de Christophe Léon. ()






A 13 ans, Gabrielle est la fille adoptée de Phil et George, un couple homosexuel parisien. Lorsque la Ligue pour les Valeurs Familiales prend le pouvoir à la mairie de Paris, puis dans toute la France, leur bel univers s’effondre. Les droits homosexuels se durcissent et ils perdent peu à peu leur liberté. Gabrielle assiste, avec une certaine impuissance, à la lente descente aux enfers de ses parents…

Embardée nous rappelle furieusement la courte fiction Matin Brun de Frank Pavloff qui suscite chez le lecteur le même type d’interrogation. L’histoire, racontée à travers la parole de Gabrielle, fille adoptive de Phil et George, démarre sur une violente scène d’accident de la route. Alors que ses deux parents doivent essayer de rentrer chez eux sans se faire arrêter par la police, Gabrielle, par des flash-back, nous raconte comment la société française est devenue homophobe à l’extrême…
En effet, alors que l’extrême droite monte en France, alors que le mariage pour tous suscite encore des débats, Christophe Léon prend clairement position sur cette situation dans Embardée. Lui pousse ainsi à l’extrême une société qui se réveillerait un jour raciste, homophobe et intolérante, pour en souligner toute l’absurdité.

Cette société qui place la famille traditionnelle au dessus de tout, nous rappelle la funeste devise de la France pendant la sombre période du Régime de Vichy : Travail, famille, patrie…Sans aucun doute, Embardée est une claire transposition de la situation des juifs entre 1939 et 1945.
En effet, tout comme les juifs avant eux, les homosexuels voient leurs droits se réduire au fil des mois par les lois de la Ligue des Valeurs Familiales. La pression monte ainsi de plus en plus : port d’un losange rose sur la veste, interdiction de travailler, d’aller dans des lieux publics, interdiction de partir en vacances, ghettos, exclusion du reste de la société, propos homophobes… les homosexuels ne peuvent bientôt plus rien faire et chaque jour est un combat.

Certes le ton d’Embardée est un peu caricatural mais c’est un trait exagéré qui doit amener le lecteur à réfléchir pour que la Démocratie puisse continuer d’exister encore longtemps. Le roman porte une thématique forte et est un joli plaidoyer pour la tolérance. Christophe Léon assume sa prise de position et pousse aussi un coup de gueule contre une France qui vote de plus en plus Front National… Intéressant et pertinent, ce petit livre porte un grand coup contre toutes les formes d’exclusions !

En quelques mots :

Embardée est un roman de la tolérance et de l’amour qui prend à bras le corps des questions actuelles : droits des homosexuels, théorie du genre ou racisme sont ainsi notamment au cœur de ce petit texte. Christophe Léon exagère le trait mais pose les bonnes questions. Un roman qui rappelle le Matin Brun de Frank Pavloff et suscite une réflexion pertinente. ()












Dans la revue de juin 2015 des livres pour les enfants





Quinze ans après leur mariage en 2013, les deux pères adoptifs de Gabrielle, 13 ans, sont mis au ban de la société suite au changement de la loi et à l'évolution des mentalités vers toujours plus d'intolérance. Identifiés par un triangle rose, traqués par une brigade spéciale, leur vie est un calvaire. Victimes d'un accident de la route, ils n'ont nulle part où aller.

Dans un futur plus ou moins proche... et si les homosexuels étaient parqués dans des ghettos, contraints de porter un losange rose bien visible sur leurs vestes et interdits de séjour dans certains lieux publics ?! C'est l'histoire que nous raconte Christophe Léon dans ce roman très court mais terriblement poignant. Une redite de notre passé ou une possibilité de futur ?! A ne pas rater. ()






"Le losange rose cousu sur la poitrine du veston de mon papa passager est déchiré à l' endroit où une pointe rebiquait déjà. Mon père conducteur, lui, refuse de porter ce qu 'il qualifie d' "humiliation", contrevenant ainsi à la loi, au risque d' être arrêté et mis en détention. Les témoins affirmeront plus tard, lors de leur déposition, ....ils le verront ensuite l' adosser contre le mur et lui parler doucement, comme à un enfant... tout prêt de l' oreille. "Trop affectueusement pour être honnête" commentera une dame... Les témoins ne leur viendront pas en aide, la loi interdisant de porter secours à ces gens. Quelques uns s' éloigneront en secouant la tête, d' autres resteront sur place. Enfin une petite poignée appellera la milice... ce sont eux les bons citoyens...."

Au travers de ces 92 pages, Christpohe Léon aborde le thème du racisme, de l' intolérance, de la dérive d' une sociète, qui sous couvert des bonnes moeurs religieuses et familiales, pointe du doigt, stigmatise une population, l' ostracise, la "ghétoïse"...

Il nous dépeint un moment de vie d' une famille : il y a Georges, Phil et leur fille adoptive Gabrielle, vivant dans une société à la dérive, sous le joug d' une administration totalitaire, extrême...

En nous projetant dans cette société, Christophe Léon met le doigt sur les dérives que peut entraîner tout positionnement extrême. Il ouvre une fenêtre sur ce que peut déclencher tout positionnement sectaire. Pour nous donner l' ampleur de désastres possibles il s' appuie sur une  fenêtre historique... dans son récit  il fait refaire surface au ghetto, à la milice, à la délation,... aux heures sombres de notre histoire.

Un récit très émouvant d' autant plus que certain des faits du récit se sont passés dans les rues de nos villes il n' y a pas si longtemps.... Un récit pour nous dire de prendre garde à l' intolérance et aux extrêmes... Mais aussi un récit pour nous dire qu' il est toujours possible de combattre, de tenir tête et que cette lutte peut prendre bien des formes (l' art, l' entraide,...)

Un grand coup de coeur pour ce roman (comme souvent avec les livres de Chrisotphe Léon) que j' ai lu d'une seule traite....

A lire et à médite ()






Gabrielle, née en Afrique et tôt adoptée par un couple de Parisiens, va fêter ses treize ans. Elle attend sagement ses deux pères partis lui chercher un cadeau. Ils ne reviendront pas. Homosexuels s'étant déplacés sans autorisation, blessés dans un accident de voiture, ils sont obligés de fuir la police. L'attente est alors pour Gabrielle l'occasion de dérouler le fil des événements, depuis le mariage de ses papas, en 2013.
Le mariage pour tous en France ne s'est pas fait sans difficultés, et Christophe Léon anticipe ici d'éventuelles dérives à venir, selon les politiciens que nous nous choisirons... L'évolution de la situation est ici présentée sous des traits insidieux et grimaçants, avec d'abord des manifestations un peu spectaculaires, puis un gouvernement qui suit pour contenter l'opinion, qui légifère, et finalement ghettoïse toute une population. Le clou est atteint avec le port d'un losange rose en tissu pour tous les homosexuels et lesbiennes, ce qui, un siècle après la Seconde Guerre Mondiale, ne choquera plus personne.
Face à l'intolérance, George (sans s) et Phil créent : ce sont des artistes, alors ils utilisent leurs propres compétences afin de combattre la bêtise. Las, même la culture s'estampille « famille traditionnelle » et la lutte devra continuer dans l'ombre. Nous ne le savons pas, eux l'avaient heureusement prévu : tout le monde n'a pas suivi la voie grégaire de l'indifférence. La fin, superbe, se fait donc espoir de la résistance.

Avec des thèmes sensibles abordés frontalement, ainsi que des prises de position radicales, le livre ne manquera pas de susciter le débat. La construction assez complexe d'allers et retours dans le temps laisse au lecteur le temps de la réflexion, de la nuance et de la prise de conscience. Comme toujours, et jamais là où on le pense (nous sommes ici dans une sorte de fantastique, au fond), Christophe Léon frappe en plein dans l'évolution de nos sociétés. ()




Une thématique forte malheureusement encore nécessaire pour essayer de faire changer les mentalités. Christophe Léon pousse clairement un coup de gueule contre la montée du FN, qui, comme nous montre ce roman, est facilement comparable à la montée du nazisme à une certaine époque. Il nous montre à quel point cela serait facile de retomber dans cette exclusion d’une partie de la population si nous n’apprenons pas à ne plus avoir peur de ce que nous ne connaissons pas et si nous ne sommes pas plus tolérants les uns envers les autres. ()



En France, dans un futur proche, Gabrielle vit avec ses deux papas, artistes plasticiens. L’arrivée au pouvoir d’un parti extrémiste a bouleversé les droits et libertés des citoyens. Ainsi la famille de Gabrielle vit dans un ghetto et ses parents doivent porter un losange rose. Un jour, en allant acheter le cadeau d’anniversaire de leur fille, George et Phil ont un accident de voiture, ils doivent fuir et tenter de rentrer retrouver leur fille avant de se faire agresser par les passants ou arrêter par la police.

Cette dystopie est très émouvante et nous plonge à la fois dans les heures noires du passé de l’Europe et dans un futur horrible mais possible. Les deux papas sont très attachants et on espère une conclusion positive à leur cavale angoissante. A conseiller dès le collège, à rapprocher d’ « On n’a rien vu venir (roman à 7 voix) ». Un plus : l’illustration de la couverture est forte et parlante. Un bémol : le prix. (Céline)

Ce qui est marquant dans ce court roman c’est aussi la place de la création artistique comme acte de résistance, de tolérance à l’opposé de ce qu’érige la Ligue des Valeurs Familiales qui dirige cette société-là. Il s’agit d’une œuvre gigantesque réalisée dans la clandestinité par les pères de Gabrielle, une exposition photo de corps épelant l’HUMANITE. Tout comme dans le roman que cite Céline ci-dessus ou dans « Lever de rideau sur Terezin » de Christophe Lambert,  les auteurs interrogent les lecteurs sur la place et la définition de la culture accordée dans des sociétés totalitaires, dans nos sociétés. (Armelle Hervé) Médiathèque de Saint-Quentin en Yvelenes, 7 juillet 2016



« Quand une femme me tirera de sous mon lit, qu’elle me demandera de me taire et que je me défendrai comme une tigresse, la première image que je verrai, lorsqu’elle aura avec l’aide d’un homme réussi à me dénicher de ma cachette, sera l’HOMMOT qui recouvre un pan de mur de ma chambre et que nous avons fait entrer en fraude dans le ghetto, les autres ayant été détruits par les autorités. »

 
Christophe Léon signe une fois de plus un récit implacable construit impeccablement. Son histoire claque comme une sonnette d’alarme face aux dérives de la société et la monté de certains courants de pensées.

Gabrielle, du haut de ses 13 ans, nous raconte sa famille, ses papas artistes, Phil et Georges, et les changements qui sont arrivés petit à petit dans leur vie et qui les amené au drame qui se joue actuellement. Entre des flash-backs personnels et émouvants se glissent des moments présents racontés à la manière d’un journaliste. L’angoisse monte pour le lecteur en même temps que pour la jeune fille quand à son devenir et à celui de ses pères après que ceux-ci soient recherchés pour être entrés illégalement dans Paris. Car dans cette société où le label Famille Traditionnelle est placardé à l’avant des hôtels, les familles homoparentales ont été regroupées et privées d’un certain nombre de leurs droits.

Entre rappel historique de la situation des homosexuels pendant la Seconde Guerre Mondiale et dénonciation des dérives de la politique, Christophe Léon m’a embarquée dans un récit qui m’a fait froid dans le dos par sa crédibilité. )