[...] L'histoire de l'Argentine, dont les mère de la place de Mai font vivre encore le souvenir tous les dimanches à Buenos Aires, m'a toujours bouleversée. Tous ces disparus, ces corps que l'on réclame, ces enfants nés en prison dont on ignore ce qu'ils sont devenus... J'ai donc dévoré ce roman, qui pourrait être une histoire revendicatrice pleine de bons sentiments et qui pourtant évite tous les écueils dans lequel un style trop simple aurait pu l'emmener. Ignacio n'hésite pas à emmener Pascal dans une course folle dans les rues à la rencontre de son passé. Mais le colonel et sa famille ne sont pas les monstres qu'ils devraient être. Clouée dans un fauteuil, la colonelle élève Ignacio à coup de baguette pour lui faire apprendre à lire et à écrire plusieurs langues. Loin d'être une torture, la vie qu'il mène auprès d'eux passerait presque pour une opportunité. Et lorsqu'il essaiera de retrouver sa famille, on ne tombera pas non plus dans les grandes retrouvailles larmoyantes. Rien n'est si simple, et c'est ce qui donne au roman toute sa profondeur. Tout en nuance mais sans s'épargner une grande force, il m'a profondément marqué. ()



Dans ce contexte pour le moins troublé et bouleversant, plusieurs questions et problèmes sont soulevés : le rapport à la famille biologique et d’adoption, l’importance des origines, et par là même la transmission et l’éducation. Ce sont des questions existentielles qui touchent intrinsèquement tout un chacun dans la construction de soi. Mais dans une telle histoire, une telle ambiance, elles prennent une réelle ampleur et deviennent profondément préoccupantes. Car on prend alors conscience que nous sommes bien loin d’être dans un monde manichéen. Les bourreaux peuvent aussi avoir de bons côtés – et on a plus de mal à leur en vouloir. Inversement, même paré des plus belles intentions, on ne parvient pas nécessairement à ses fins. Des sentiments ambivalents cohabitent et les remises en cause de soi sont alors bien douloureuses.

Ce roman au réalisme poignant met en exergue de tels dilemmes dans toute leur violence, et il transmet avec brio les plaies suintantes du pays sud-américain grâce à un témoignage individuel. On ne sort pas indemne de cette œuvre intense et bouleversante à bien des égards. ()


[...] Au travers de ce récit poignant et bien écrit, l’auteur évoque le drame de toutes ces familles anéanties par l’ordre tortionnaire argentin. Ignacio, ce jeune homme en quête d’identité, évoque sa vie avec en toile de fond, la barbarie, les exactions, la torture, les enlèvements. L’auteur parvient à traiter de ces sujets graves sans jamais sombrer dans le pathos.  ()


Un récit poignant qui dénonce la brutalité du régime et met en relief les multiples facettes du genre humain. ()



Pascal, journaliste souhaite écrire un article sur la junte militaire en Argentine dans les années 1976-1984. Il se rend à Buenos Aires pour rencontrer Pablo/Ignacio. Ce jeune homme lui raconte son histoire. Une enfance d'abord paisible à la campagne, puis le bouleversement
de sa vie avec l'arrivée de la junte au pouvoir. Ses parents sont arrêtés et lui, sera alors adopté par un colonel et sa femme. Il deviendra Ignacio. Á la fin de la dictature il retrouvera seulement sa grand mère. Ses parents auront été éliminés comme de nombreux opposants au régime. Devenu adulte il a du mal à se positionner. Qui est il vraiment ? Pourquoi a-t-il du mal à haïr ses parents adoptifs ? Comment se reconstruire après cette enfance brisée ? Ce roman d'une intensité dramatique remarquable relate un pan de l'histoire contemporaine peu connu de l'Argentine. Pour ados et adultes. ()



[...] Ce roman permet de comprendre plus précisément ce qu'il s'est passé en Argentine et le combat des grands-mères de la place de Mai. Il ne s'embarrasse pas de détails inutiles, le récit est centré sur le témoignage, bouleversant, d'Ignacio. Le texte est tout à fait accessible aux jeunes lecteurs :à faire découvrir dès la 4e.)





ICI les articles (format Pdf) parus dans les Dernières Nouvelles d'Alsace et L'alsace à l'occasion de s rencontres à Sélestat le 14 janvier 2013 pour le Prix des Incorruptibles.



Engagés dans la lecture des livres du prix des Incorruptibles 2013, des lycéens et des collégiens de Saint-Jean-de-Braye ont rencontré l'un des auteurs de la sélection. Ainsi, la semaine dernière, une classe de seconde du lycée Jacques-Monod et une... ()



Portrait Chinois :

Si ce roman était un animal, ce serait un hibou car les hiboux sont tristes mais emplis de courage comme Ignacio.
Si ce roman était un son, ce serait les pleurs et des cris car nous sommes en plein désespoir.
Si ce roman était une couleur, ce serait le rouge car le rouge est la couleur de la guerre mais aussi de la chaleur humaine.
Si ce romain était un film, ce serait « la vie est belle » car c’est un film avec une famille pendant la guerre donc ça peut nous rappeler Argentina Argentina, de plus, les deux œuvres sont tragiques d’une tristesse sans fin.
 
   
Lettre à l’auteur
 
Paris, 7 janvier 2013
 
Cher Christophe Léon,
Suite à la lecture de votre livre « Argentina, Argentina » je ressens le besoin de vous écrire car je suis émoustillée par votre plume. J’ai aimé la manière dont vous écrivez pour dénoncer cette sombre période que l’Argentine a connue. J’ai trouvé originale la façon de raconter cette triste histoire au travers d’une interview, nous pouvons bien voir comment Igniacio a grandi avec ses séquelles de l’enfance. Cependant j’ai été déçue par cette fin qui est ouverte à toutes les possibilités. Pourquoi avez-vous décidé de cette mystérieuse fin ? Je tiens tout de même à vous féliciter, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre émouvant et pleins de sentiments comme celui-ci, merci.
 
Avec mes sentiments dévoués,
Carla Audebaud

()



Le récit des années de dictature en Argentine de 1976 à 1984, telles qu’elles sont vécues à travers les yeux d’un enfant. De souvenirs en discussions, celui-ci se remémore et témoigne de son enfance difficile au cœur de la dictature en Argentine.
Pascal Fore est journaliste. Pour préparer son article sur les enfants volés par les militaires argentins durant la junte, il part à la rencontre d’Ignacio Guttiérez, témoin et victime, lorsqu’il était enfant, de la dictature argentine. Ignacio va raconter à Pascal son histoire et celle de sa famille, lors des heures sombres de son pays : la mort de con grand-père, la disparition de ses parents, son adoption par un colonel et sa femme, les retrouvailles avec sa grand-mère, des années après, et sa reconstruction personnelle malgré une enfance brisée.
La force de ce récit tient tient dans la profondeur du personnage d’Ignacio qui, malgré tout ce qu’il a enduré, remonte dans ses souvenirs et reconnaît qu’il doit la vie à ces « parents » bourreaux, substitués à ses parents biologiques, assassinés.
Le roman de Christophe Léon est un roman à deux voix : celle de Pascal, mineure, qui organise le récit dans le présent, et celle, majeure et plurielle, d’Ignacio, enfant heureux , enfant martyr, enfant déchiré, adolescent déboussolé jusqu’au jeune homme de 26 ans, étudiant en médecine.
Un roman fort et juste, à la croisée des genres : roman historique, roman documentaire, roman initiatique, qui couvre la réflexion sur le pouvoir politique qui broie les individus. Mais au-delà du côté historique et documentaire, ce roman raconte une difficile quête de soi et de l’autre : celui que l’on a été, celui que l’on est, celui que l’on ne sera jamais. )



Ignacio Guttierez est le sujet du reportage de Pascal Forte. Ce reportage : les enfants volés par les militaires argentins durant la junte. Ignacio raconte son histoire sous la vision qu'il avait enfant.
Très beau roman, plein de sensibilité. Un sujet peu connu est mis à l'honneur, les enfants volés d'Argentine. Un roman rythmé par les interviews que donne Ignacio au journaliste, l'amenant aussi dans les lieux clés de son enfance...
L'interview est autant un magnifique témoignage qui va être transmis au monde qu'une thérapie pour Ignacio. )



C'est une histoire d'amour et de haine, dans l'Argentine de la dictature. C'est le récit d'une famille anéantie par l'ordre tortionnaire. C'est l'enfant Ignacio, arraché à ses parents alors qu'il n'a que six ans, et élevé par le colonel Gutiérrez et sa monstrueuse femme. Dans le Buenos Aires d'aujourd'hui, l'homme Ignacio se souvient. De tout. Alors il parle. Il nous parle. Ecoutez son histoire.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Angélique et les éditions Oskar pour ce superbe envoi !

Je ne saurais vous dire vraiment ce qui m'a convaincue de lire ce roman. J'ai abordé l'histoire de l'Argentine en cours d'Espagnol, et j'étais donc curieuse d'approfondir encore plus ce sujet. Et puis, cette histoire d'adoption m'intriguait... Je me suis donc jetée la tête la première dans cette lecture, et j'ai vraiment bien fait.

Les personnages sont très étonnants, mais surtout très attachants. Le narrateur, Pascal, est, chose étrange, un journaliste. Le point de vue est donc différent de celui insinué dans le résumé. Ce choix m'a un peu surprise au premier abord, mais je l'ai en fin de compte trouvé très judicieux. Ce jeune homme un peu brut de pomme est cependant très intéressant, car la curiosité et la vivacité d'esprit qui l'animent permettent au récit d'aller toujours plus loin. Tout au long du livre, il interviewe donc Ignacio, mystérieux jeune homme au sombre passé. J'ai éprouvé beaucoup de tendresse pour ce protagoniste, qui garde la tête haute malgré tout ce qu'il a enduré, et qui se confie, sans pudeur, sur le traumatisme de son enfance. Chaque personnage de son histoire n'est que cité et décrit, mais il le fait si bien qu'on le sentirait presque vivant. J'ai du mal à exprimer clairement ce qu'on ressent face à tous les noms qu'on croise dans ce roman. Mais croyez-moi, chacun à sa façon vous bouleverse, et vous semble étrangement réel...

Très rapidement, on se fait à la plume de l'auteur. Elle nous embarque pour des découvertes fascinantes, qui vous surprennent et vous touchent. Le principe de l'interview  permet en effet d'amener de façon logique le récit d'Ignacio, tout en gardant un pied dans l'Argentine d'aujourd'hui pour une sorte de comparaison. Les mots sont simples, mais saisissants. Ce livre est sans prétention, et c'est ce qui fait toute son efficacité. Il se dévore sans même qu'on s'en rende compte, tout est si coulant et accueillant... Malgré la dureté de l'intrigue, Christophe Léon parvient à rendre les choses plus faciles, et plus accessibles, et c'est tout à son honneur.

Le plus terrible dans ce bouquin, c'est de se dire que même si cette histoire est une fiction, elle n'en reste pas moins très proche de nombreuses réalités. Ce n'est pas un ouvrage facile, mais je trouve qu'il est très important de le lire. Il traite en effet de la lourde histoire de l'Argentine prisonnière d'une dictature effroyable. C'est un pan de l'Histoire que je connaissais assez peu, puisqu'il ne va pas partie des thèmes vraiment bien abordés dans les programmes scolaires. Enfin, pour ma part, ce ne fut pas le cas. Ignacio narre donc son histoire dans les moindres détails, de son premier souvenir à son dernier. J'ai apprécié le fait qu'il prenne le temps de nous parler de sa petite enfance, des temps heureux, et pas seulement de la noirceur qui l'a suivie. Malheureusement pour lui, le drame arrive assez rapidement. Il faut préciser que le récit oral du jeune Argentin est souvent entrecoupé de scènes qui se déroulent, elles, dans le présent. Ainsi, les nerfs du lecteur sont bien souvent mis à vif. Parfois, on peste de ne pas savoir tout tout de suite. Mais, avec du recul, c'est mieux comme cela. D'une part, cela permet d'étaler l'émotion, D'autre part, c'est plus réaliste. Cela permet également de lire les émotions d'Ignacio lorsqu'il explique ce qu'il a vécu. Il alterne donc l'innocence de l'enfant qu'il était, et la conscience de l'homme qu'il est devenu. Jouer ainsi entre différentes perceptions est une bonne idée, cela offre une vision parfaitement objective de la situation. Le lecteur peut ainsi mieux comprendre, et ressentir des émotions plus variées. Cependant, il y a quelque chose d'affreux dans ce bouquin. Les événements dont il nous fait part, la violence qu'il décrit... Tout cela semble si dramatique, on peine à y croire. Et pourtant... Plusieurs fois dans ma lecture, je me suis interrompue, les yeux écarquillés, avec une seule phrase en tête "Ce n'est pas possible..." Mais si, ça l'a été. Des hommes ont véritablement fait vivre de telles horreurs à des êtres humains. C'est honteux, terrifiant, vibrant, révoltant. Des familles déchirées, des gens assassinés, des enfants adoptés de force... Ce roman est une prise de conscience énorme, que vous vous devez de vivre. Tout au long de la lecture, on perçoit alors une certaine évolution aux multiples facettes. Il y a l'évolution du comportement d'Ignacio, balançant entre résignation et rébellion. L'évolution de la conjoncture de l'Argentine. L'évolution du comportement de Pascal. Notre évolution à nous, petit Européen confortable, face à toute cette vérité. De ce côté, l'auteur a, je pense, accompli sa délicate mission.

Toutefois, à la lecture de la fin, je suis devenue mi-figue mi-raison. Il n'est pas facile de conclure un roman comme celui-ci, de trouver un bon équilibre entre le drama et le j'en-foutisme. L'idée qu'a alors eu l'auteur pour achever son histoire m'a beaucoup plu. Plutôt originale, elle apporte un nouveau souffle au récit, pour le rendre encore plus marquant. J'avoue que je ne m'attendais pas à ça. Enfin, du moins, pas à L'événement qui survient. Je l'ai littéralement adoré, mais quelque chose à la toute toute fin m'a un peu refroidie. Il m'a manqué quelque chose, je suis un peu restée sur ma faim. Vous me comprendrez mieux en lisant l'ouvrage, qui en vaut le détour. Mais, quelques mots de plus n'auraient pas été de trop. Certes, garder une part de mystère est aussi intéressant, et un peu de pudeur ne fait pas de mal dans un récit déjà si "bavard". Mais... Ma curiosité de lectrice affamée en a pris un coup. Cependant, j'en ressors avec de nombreuses connaissances sur l'Argentine, et ça, c'est fantastique. Rien que pour cela, vous devez lire cet ouvrage.

Le titre est très bien choisi. Un brin mélancolique, authentique, simple, pur... Il va à ravir avec le reste du roman. La couverture me plaît également beaucoup. Les couleurs sobres, le double-visage du drapeau argentin... Chaque détail est bien pensé, et précieux.

J'ai eu beaucoup de mal à vous chroniquer ce roman, comme je vous l'expliquais sur Twitter. Néanmoins, j'espère avoir au moins réussi à vous faire passer l'essentiel : Il faut que vous lisiez ce petit roman. Non seulement vous en apprendrez beaucoup sur l'Histoire, mais aussi sur la vie, sur la chance que vous avez de vivre dans un pays libre. Sans être une partie de plaisir, ce livre est un moment saisissant, et important. A lire, sincèrement. ()


[...] Au-delà de la charge de renseignement sur une époque, ce roman est un roman de la quête de soi et de l’autre, celui qu’on est, celui qu’on n’est plus, celui qu’on n’a jamais été comme Abel, qui n’a jamais été fils Lomas, ni frère de Pablo : à sa naissance, le bébé a été enlevé, déclaré sous le nom de McAllister, pourquoi souhaiterait-il connaître son frère ? Trouble et troublant, Christophe Léon a tricoté un roman à deux voix : celle de Pascal, le journaliste, mineure, qui soutient le récit, fait le lien et apporte quelques sourires dans sa découverte de l’alcool fort, des bières d’Argentine, des cigares, des rues, des maisons, de la ville ; celle majeure et plurielle d’Ignacio qui recouvre la voix de Pablo Lomas, enfant heureux , enfant martyr, enfant déchiré, adolescent déboussolé jusqu’au jeune homme de 26 ans, étudiant en médecine se spécialisant en « psychiatrie criminelle » pour « savoir ce que les assassins ont dans la tête » . Récit de vie, plein d’ombres et de lumières, où, être ou ne pas être un héros est fait de hasards, de choix, compromis, compromissions, de remords parfois, cette histoire couvre la réflexion sur le pouvoir politique qui broie les individus. Un roman fort et juste, très maîtrisé, à la croisée des genres, roman historique ou roman documentaire, ou roman initiatique, beaucoup y trouveront leur plaisir. ()



Roman court, mais d’une grande intensité. Nous découvrons à travers le témoignage d’un enfant volé par la junte militaire, un pan de l’histoire de l'Argentine pendant les années sombres. Un texte sobre et émouvant. ()



Quand Pascal Fore débarque à Buenos Aires pour faire un reportage sur le très énigmatique Ignacio Gutierrez, il ne sait pas encore ce qui l’attend. Mais au cours de ses investigations, il découvre de sombres pans de l’histoire argentine, comme le drame des enfants volés à leurs parents par les militaires. Petit à petit, le journaliste apprend comment Pablo Comas est devenu ce jeune homme en révolte contre un passé qui le poursuit, celui de la dictature et de la répression particulièrement sanglante qui fut le lot du pays entre 1976 et 1983, période au cours de laquelle près de 15 000 personnes ont perdu la vie et où un million et demi d’Argentins ont choisi l’exil. Au travers du témoignage recueilli par son personnage auprès de l’une des victimes de l’ordre fasciste à la sauce argentine, Christophe Léon dresse le portrait d’un pays marqué à jamais par des années de souffrance, de déchirements et de doutes. Une histoire d’amour et de haine, le destin d’une famille anéantie par la brutalité de l’État.
Éric Giessenhoffer Médiathèque de Mutzig
()



Le roman nous emmène dans les sombres années de la junte militaire argentine, de 1976 à 1983, grâce aux récits d’une victime directe des événe ments.
En 1998, un reporter français veut enquêter et publier sur le régime totalitaire et ses conséquences concrètes. Il part alors sur le terrain rencontrer un  jeune homme de 26 ans à deux prénoms, qui a subi de plein fouet les atrocités. Celui-ci, lui raconte les multiples morceaux de son passé et lui fait partager son humble quotidien,
Il raconte  les « baptêmes de l’air » qui furent une fabuleuse trouvaille pour se séparer efficacement des opposants , les « adoptions » avec trafic de l’état civil, qui furent aussi un ingénieux moyen d’agrandir sa famille facilement.
Mais quand le régime tombe et que ses dirigeants fuient en Suisse ou ailleurs, certains enfants se souviennent de leurs deux familles, d’autres ne connaissent que celle qui les a « accueillis » presque chaleureusement.
Les grands-mères, celles qui ont vu impuissantes le martyre enduré par leurs enfants et petits-enfants, se mobilisent sur la place de Mai pour ne pas oublier, et pour retrouver leurs chers petits.
 Dans quel cas de figure préféreriez-vous vous trouver ?
 Car on prend alors conscience que nous sommes bien loin d’être dans un monde manichéen. Les bourreaux peuvent aussi avoir de bons côtés – et on a plus de mal à leur en vouloir. Inversement, même paré des plus belles intentions, on ne parvient pas nécessairement à ses fins. Des sentiments ambivalents cohabitent et les remises en cause de soi sont alors bien douloureuses."
Ce roman au réalisme poignant dont on ne sort pas indemne . ()



[...]  A travers son personnage, Christophe Léon met en scène l’histoire douloureuse de l’Argentine.
En 1976, un coup d’Etat mené par le général Videla renverse le pouvoir en place. [...] La justice et la vérité sont en passe d’être rétablies…
 L’histoire de cet enfant pourrait donc être une histoire vécue. Christophe Léon met en lumière le passé méconnu de ce pays. Il nous donne conscience de la douleur de ce qu’on pu vivre ces argentins.
 « Argentina, Argentina » c’est aussi l’histoire d’un enfant qui a perdu son identité. Elevé par les meurtriers de ses parents, il apprend à lire et à écrire plusieurs langues. La vie qu’il mène auprès d’eux semble presque être une opportunité. Ces gens sont loin d’être des monstres. Ignacio ne sait plus quoi penser…Faut-il rechercher ses vrais parents ou refuser cette ancienne identité ? Le passé d'Ignacio ressemble beaucoup à ce qu'on pu vivre des centaines d'enfants argentins... ()



Dans le cadre des rencontres littéraires et de l'opération Écrivains 17, la bibliothèque municipale accueille vendredi l'écrivain Christophe Léon. L'événement va se dérouler en deux temps. Le matin, au collège de Cozes, le club de lecture, animé par la documentaliste et un professeur de Français, va recevoir l'écrivain. Un groupe d'élèves a réalisé une biographie de l'auteur, ainsi que des affiches publicitaires, un autre groupe a recréé la couverture de l'ouvrage « Argentina, Argentina », composé d'un article de presse et d'un poème argentin en version espagnole avec sa traduction.

En soirée, c'est à Meschers que Christophe Léon viendra s'entretenir avec le public, pour lui faire découvrir ses livres et sa démarche d'écriture. À cette occasion, deux collégiens liront un extrait de la « Balade de Jordan et Lucie ».

Biographie
Christophe Léon est né en 1959, à Alger. Après une enfance tropézienne, il a étudié aux beaux-arts de Marseille, été joueur professionnel de tennis, appareilleur en orthopédie, gérant de société et artiste peintre, un parcours plutôt éclectique qu'il consacre exclusivement depuis une dizaine d'années à l'écriture.

Son premier roman, « Tu t'appelles Amandine Keddha », a été publié aux Éditions du Rouergue en 2002. « Palavas la Blanche » a suivi en 2003. Paru en 2006 à l'école des loisirs, « Longtemps » est son premier roman consacré à la jeunesse. Son thème de prédilection est la défense de l'environnement : « Écoloco », « Silence », « on irradie », « Bleu Toxic ». Son dernier roman « Engrenages », est paru chez Oskar éditeur en octobre 2012.

Au cours de la rencontre animée par Anne-Lise Dyck-Daure, les travaux réalisés par les élèves du collège seront présentés et exposés à la bibliothèque jusqu'au 3 mars. Quant aux ouvrages de l'auteur, ils seront mis à disposition sur la table de lecture proposée par la librairie Lignes d'Horizon. ()




... Je ne connaissais pas du tout cette période de l'histoire, que j'ai pu découvrir grâce à ce livre.
C'est un témoignage bouleversant, brûlant. Ignacio nous émeut, nous fait deviner le petit garçon caché derrière un masque dénué de sentiments.
On entrevoit sa vie dans la ville endormie, ses peurs et ses doutes.
C'est un très beau récit, simple et puissant, que l'on voudrait lire d'une traite, s'en imprégner. (Calioppe, 6 avril 2013)




Pascal Flore, journaliste français, se rend à Buenos Aires et rencontre Ignacio Guttierez.
Ce jeune homme lui retrace son enfance pendant la dictature argentine. Ses parents assassinés sous la torture,  son adoption par un général de la Junte, une éducation  dure et injuste, … et à l’âge adulte, la recherche d’un demi-frère qu’il ne connaît pas.

Un roman qui relate la période noire de l’Argentine, une évocation de la souffrance morale et de la recherche de l’identité. Poignant.
()




Un journaliste français part à la rencontre d'un des enfants volés par la junte militaire en Argentine pour témoigner de sa terrible histoire.
Ce roman, quasi témoignage historique, nous plonge dans ce passé trouble de l'Argentine en nous laissant un arrière-goût amer dans l'esprit, comme Christophe Léon sait si bien le faire avec son écriture ! ()

*
Pascal, journaliste, va rencontrer en Argentine, un de ces enfants, dont l'enfance a été volée par la junte. En effet, ces parents, opposants au régime dictatorial, ont été assassinés. Quand à ce jeune homme interviewé, Ignacio ou Pablo, il s'est construit, petit à petit avec cette double identité.
Ce roman nous plonge au sein de cette période historique dans le passé douloureux de ce jeune homme, avec plein de rebondissements. ()



Pascal Fore, journaliste, est parti trois jours à Buenos Aires, en Argentine, pour interviewer Ignacio Guttierez, qui a aujourd’hui 26 ans.
Et Ignacio raconte son histoire…
Il s’appelle en réalité Pablo Lomas. Né en 1972, il n’avait que quatre ans quand les militaires, commandés par le général Videla, ont pris le pouvoir. Quelque temps plus tard, ces mêmes militaires ont sans doute tué le grand-père paternel du narrateur, un opposant notoire.
A 6 ans, alors que sa mère est enceinte, le petit Pablo assiste à l’arrestation nocturne et sanglante de ses parents, les militaires ont en effet compris que le père de Pablo, syndicaliste, est un opposant. Ils tentent d’ailleurs de faire parler l’enfant – et font disparaître ses parents au cours de ces funestes « baptêmes de l’air », une opération qui consiste à lâcher depuis un hélicoptère, au-dessus de l’Atlantique, de prétendus « terroristes », de simples opposants au régime.
Orphelin, Pablo est alors débaptisé et adopté par le colonel Guttierez ( le pilote qui a sans doute tué ses parents ) et sa femme, une horrible femme obèse et handicapée. Heureusement, il y a dans cette maison-prison l’aide de camp Guillermo, qui devient vite pour l’orphelin clandestin un protecteur et un complice. Jusqu’à ce que des élections privent enfin les militaires du pouvoir, moment où Pablo Lomas retrouve enfin sa grand-mère, qui a été épargnée, et où il apprend que sa mère a mis au monde un bébé, adopté clandestinement par un médecin et sa femme.
Pablo part alors à la recherche de ce frère inconnu de huit ans son cadet…

Combien existe-t-il de récits relatant la dictature des militaires argentins, et dénonçant l’exécution sommaire de leurs opposants ? Fort peu. Et Argentina, Argentina… est sans doute le seul à être destiné à de jeunes adultes. C’est là un récit bref et fort, dépouillé. Une véritable confession enchâssée dans un très court voyage sur les lieux d’un vieux drame.
Christophe Léon relate ces événements avec efficacité et pudeur, l’achevant sur ce que l’on espère être un coup de théâtre… ()


[...] Ce roman, témoignage d'une période trouble qu'a vécue l'Argentine dès 1976, est très bien mené et présente un double intérêt : la relation de faits tragiques subis par une famille -comme tant d'autres- et la qualité du personnage d’Ignacio. Son portrait, en constante évolution, est vraiment réussi : très jeune, sa vie rencontre l’Histoire et va en être à jamais bouleversée. Ses sentiments, entre incompréhension et révolte, sont décrits de manière juste, sans tomber dans l'écueil d'une violence vengeresse à laquelle il pourrait prétendre. On est rapidement happé par son récit bouleversant et on découvre à sa suite le pouvoir des mots. Un roman, fort, bien rédigé, qui, en rappelant ce contexte politique complexe, fait réfléchir. Un texte d’une grande intelligence et d'une pudeur remarquable.()



[...] J’ai été touché par ce personnage, par ce qu’il essaye de devenir : médecin, malgré tout ce qu’il a vécu, et à cause de cela. Il nous raconte son histoire petit à petit, nous tenant en haleine jusqu’au bout du roman.
Un très beau roman qui m’a permis de découvrir un peu plus un pays et une partie se son histoire difficile. ()




[...] Bien plus qu’une interview, Christophe Léon a choisi un récit fort et poignant à deux narrateurs. Pascal le journaliste raconte comment il entend les atrocités vécues par Ignacio, Pascal est le lecteur. Ignacio raconte son enfance, son emprisonnement. Il raconte aussi comment de Pablo Lomès il est devenu Ignacio Gutierrez. Ensemble, Pascal et Ignacio vont revivre ces années atroces et douloureuses. Depuis les élections libres de 1983 Isabella la grand-mère se rend chaque semaine comme des milliers de mères sur la place de Mai. A 17ans Ignacio lui a choisi l’espoir d’un avenir meilleur. Pour lui comme pour sa grand-mère il est impossible d’oublier. Mais a-t-il pour autant renié son passé et sa famille ? Au delà d’une histoire, ancrée dans un passé bien réel, le roman de Christophe Léon interroge chaque lecteur sur la difficulté des choix et le sens du courage dans des situations extrêmes.  Un roman à ne pas manquer  )



[...] Un roman fort, donc, sur un sujet peu traité d’autant que, encore aujourd’hui, nombre des cinq cents enfants arrachés à leur famille n’ont pas été identifiés, d’autres ne souhaitent pas se soumettre aux tests ADN autorisés depuis 2009, certains refusent de rencontrer leur famille biologique, et les grands-mères de la place de Mai vieillissent … (




Voici le coup de coeur de Corinne, du lycée Sainte Colombe à Saint-Denis-les-Sens... ()




Savez-vous pourquoi mères et grand-mères se réunissent hebdomadairement Place de Mai à Buenos Aires? Après lecture de ce livre, vous n'aurez qu'une hâte, vous renseigner sur leur Association qui se bat pour retrouver les enfants enlevés durant la dictature militaire en Argentine, il y a à peine quelques décennies de cela. Tous ces disparus, ces enfants confiés à de nouvelles familles, ces enfants nés en prison et dont on ignore ce qu'ils sont devenus.

Christophe Léon choisit lui de donner la parole à Ignacio (né Pablo), jeune adulte mais enfant victime de cette brutalité humaine. Pendant 3 jours, nous suivons l'interview qu'il accorde à un journaliste français et à qui il raconte pudiquement son histoire en posant des questions essentielles : peut-on survivre a tant de barbarie ? peut-on se construire en ayant pour parents adoptifs les tortionnaires de ses parents biologiques ? cetta adoption n'a t-elle pas été une opportunité ?

Vous l'aurez compris un récit au réalisme poignant qui réveille et secoue les consciences, et dont on ne sort pas indemne. (





Christophe Léon nous fait approcher cet homme, volé enfant à sa famille, détruite, et élevé par un de ses tortionnaires.
Une approche respectueuse et sensible. Un récit vivant, passionnant. Un sujet peu évoqué dans les romans pour les ados. )




ICI l'article (format Pdf) paru dans la République du Centre à l'occasion de la rencontre au lycée Pothier d'Orléans le 21 janvier 2013 dans le cadre du Prix des Incorruptibles.




Belle rencontre et échanges intéressants, toute la journée d’hier, au CDI, entre l’écrivain Christophe Léon et la classe de 3eB ainsi que le club-lecture. Avec humour, il a évoqué ses premiers pas dans l’écriture et certains de ses récits ; il a sensibilisé aussi nos élèves à la force de la lecture et au pouvoir des mots mais également à l’écologie, les guidant ainsi vers la voie de la réflexion… Puis, le soir même, à la bibliothèque de Meschers, il est intervenu devant un public attentif et réactif ; deux élèves de 6e, Axelle et Anaïs ont lu des extraits du roman "la balade de Jordan et Lucie" et deux 3es, Vincent et Dylan, ceux d’ "Argentina, Argentina". Tous, élèves, parents d’élèves et professeurs ont apprécié l’humanité et la disponibilité de cet auteur. ()



Fiche de lecture : Argentina, Argentina…

Ce roman de Christophe Léon, intitulé Argentina, Argentina… à était publié en 2011 ; présente sous les traits d’un reportage d’un journaliste Français la période dictatoriale de l’Argentine.   Pour cela ledit journaliste est donc envoyé chez   Ignacio Guttierez   à Buenos Aires en Argentine   pour que ce dernier lui   recompte son histoire.
          L’auteur, Christophe Léon   né en 1959 à Alger   en Algérie française   est un romancier français vivant en Dordogne Il a notamment étudié aux Beaux-Arts et fus joueur professionnel de tennis. Son premier roman est   "Tu t’appelles Amandine Keddha" publié en 2002 .dans cette œuvre l’auteur arrive à aborder le thème de la dictature argentaise ; en passant par la mort des parents, l’adoption, l’abandon …ce qui semble compliqué à retranscrire   mais qu’il arrive avec brio.
          L’axe de l’histoire raconté se déroule principalement de 1976 à 1984 ,tourne autour du personnage centrale d’Ignacio allias Pablo bien   que les parents et grands-parents de Pablo   la famille Guttierez et Guillermo tiennent un rôle important dans l’histoire. Pablo dévoile son histoire au journaliste, la vie avec ses parents et grands-parents dans la campagne argentaise, son arrivée à Buenos Aires, comment il a été séparé de sa famille, la disparition de ses parents (biologique), son adoption chez le colonel Guttierez et de sa femme handicapée mais strict et les années passées chez eux. Puis l’exil   de sa famille d’adoption, les retrouvailles avec sa grand-mère, et la quête vaine de son inconnu petit   frère Abdel. Et comment après avoir souffert de toute ses épreuves il tente d’oublier son passé pour tenter d’être plus pour ainsi devenir psychiatre
   
L’œuvre se découvre sous les trait d’un dialogue entre Ignacio et pascal   bel que le dialogue puisse ressembler à un monologue tant la narration de son histoire par Ignacio est importante. Mais des lords qu’Ignacio ne raconte plus son histoire... ()




Ma photo En lisant le titre vous imaginez déjà, un petit sourire aux lèvres,une histoire d'amour sur un air de tango, au son du bandonéon, dans les rues de Buenos Aires... Désolée de couper court à vos douces illusions, mais vous avez tout faux ! Le roman nous emmène bien plutôt dans les sombres années de la junte militaire argentine, de 1976 à 1983, grâce aux récits d'une victime directe des événements.
         Nous sommes en 1998. Un reporter français veut enquêter et publier sur le régime totalitaire et ses conséquences concrètes. Il part alors sur le terrain rencontrer un certain jeune homme de 26 ans à deux prénoms, qui a subi de plein fouet les atrocités. Ce dernier, en transmettant les multiples morceaux de son passé, et en faisant partager son humble quotidien, révèle aux lecteurs adolescents – dont les manuels scolaires débordés passent à la trappe « l'épisode » politique pourtant récent – le régime toujours plus répressif qui transforma et bouleversa un pays sur plusieurs générations ; les « baptêmes de l'air » qui furent une fabuleuse trouvaille pour se séparer efficacement des opposants ; les « adoptions » avec trafic de l'état civil, qui furent aussi un ingénieux moyen d'agrandir sa famille facilement. Mais quand le régime tombe et que ses dirigeants fuient en Suisse ou ailleurs, il laisse des plaies béantes et un peuple en désarroi. Certains enfants se souviennent de leurs deux familles, d'autres ne connaissent que celle qui les a « accueillis » presque chaleureusement. Les grands-mères, celles qui ont vu impuissantes le martyre enduré par leurs enfants et petits-enfants, se mobilisent sur la place de Mai pour ne pas oublier, et pour retrouver leurs chers petits. Dans quel cas de figure préfèreriez-vous vous trouver ? La violence est partout, imprègne tout.
Dans ce contexte pour le moins troublé et bouleversant, plusieurs questions et problèmes sont soulevés : le rapport à la famille biologique et d'adoption, l'importance des origines, et par là même la transmission et l'éducation. Ce sont des questions existentielles qui touchent intrinsèquement tout un chacun dans la construction de soi . Mais dans une telle histoire, une telle ambiance, elles prennent une réelle ampleur et deviennent profondément préoccupantes. Car on prend alors conscience que nous sommes bien loin d'être dans un monde manichéen. Les bourreaux peuvent aussi avoir de bons côtés – et on a plus de mal à leur en vouloir. Inversement, même paré des plus belles intentions, on ne parvient pas nécessairement à ses fins. Des sentiments ambivalents cohabitent et les remises en cause de soi sont alors bien douloureuses.
         Ce roman au réalisme poignant met en exergue de tels dilemmes dans toute leur violence, et il transmet avec brio les plaies suintantes du pays sud-américain grâce à un témoignage individuel. On ne sort pas indemne de cette œuvre intense et bouleversante à bien des égards. ()

Pascal part en Argentine, pour rencontrer Ignacio Guttierez. Il souhaite écrire un article sur les enfants volés par les militaires argentins pendant la dictature. Ignacio fait partie de ces enfants. L’adulte qu’il est aujourd’hui va pendant 3 jours, raconter son histoire, ses deux vies, ses déchirements, ses doutes, ses choix.
Ce tête à tête est vraiment prenant, les personnages sont bien campés et je trouve intéressant de présenter cet épisode tragique de l’histoire Argentine qui dura de 1976 à 1982. Christophe Léon réussit parfaitement à en présenter l’atrocité sans tomber dans le sordide. ()



Pascal Forte prépare un article documenté pour le magazine qui l’emploie. Sujet : les enfants volés par les militaires argentins durant la junte. Il s’envole pour l’Argentine à la rencontre d’un de ces enfants devenu adulte, Ignacio Guttierez. Au cours d’entretiens enregistrés, Ignacio dévoile son histoire au journaliste, la vie avec ses parents et grands-parents, son arrivée à Buenos Aires, comment il a été séparé de sa famille, la disparition du père et de la mère, son placement-adoption chez le colonel Guttierez et les années passées chez eux.
Puis la fin de la junte et la fuite des militaires. S’ensuit pour le jeune garçon-homme une recherche d’identité et la découverte au Paraguay d’un frère, Abel, qu’il va tenter de joindre.

Emeline : 5/5 !

Ce roman témoigne de l’Argentine des années 1976 à 1983 et dépeint avec justesse ce qu’a pu être le destin d’un enfant à qui l’on a arraché son passé.
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[...] Le rythme est haletant et c’est là, sans doute, l’idée la plus brillante de ce roman : Pablo/Ignacio raconte son histoire dans une interview, avec difficulté et angoisse, ce qui divise le récit en autant d’épisodes, ménageant un suspens quasi policier et amenant le lecteur à éprouver des émotions intenses.
Ce livre est une vraie réussite...
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Argentina, Argentina... est un roman assez court mais d'une intensité dramatique remarquable. Christophe Léon ne s'attarde pas sur des détails inutiles - comme la vie personnelle de Pascal, le journaliste, ou son projet d'article - et prend le parti de centrer son récit sur un pan de l'histoire de l'Argentine, raconté par un personnage adulte à travers ses souvenirs d'enfant.
J'ai été très émue à la lecture de ce récit, le trouvant à la fois vibrant d'émotion et tout en pudeur. Les deux hommes s'apprivoisent progressivement et aplanissent au fil des heures leurs différences culturelles, personnelles, etc. C'est beau, c'est simple. Pas de fioriture ni de plume aux envolées lyriques. Juste une rencontre entre deux personnages et un lourd passé qui ressurgit. ()



[...] Une page d'histoire très habilement écrite qui nous parle de l'Argentine sous la dictature mais aussi du lien familial, du passage de l'enfance à l'âge adulte et de la résilience.
Une écriture percutante, très simple mais poignante et évocatrice ()




[...] Bravo !
La dureté du sujet - le vol des enfants par les militaires de la junte argentine - est contrebalancée par le parti pris de l?auteur de construire son récit autour de l?enregistrement et de la ré-écoute du témoignage que Pascal, le narrateur-journaliste, recueille auprès d?Ignacio, l?un de ces enfants, devenu adulte. Christophe Léon réveille aussi l?histoire d?une période noire de l?Argentine, entre 1975 et 1982. La relation entre les deux personnages qui passent trois jours très forts ensemble est subtile.Les pauses (un repas, une bobine de magnéto à changer...) qui ponctuent le témoignage en allègent habilement la violence. ()




Également sélectionné pour le Prix des Incorruptibles. Comme vous le voyez, les thèmes ne sont pas très légers...
C'est mon coup de cœur du mois. Dévoré en une soirée, impossible de le lâcher. La narration est bien menée, l'histoire captivante. Il est intéressant d'avoir placé l'histoire du point de vue de l'enfant. En effet, cela permet de voir que pour ces enfants volés, se reconstruire n'a pas été si facile, et qu'abandonner ceux qu'on croit être ses parents n'est pas chose aisée.
Cela apporte une lecture nouvelle à ce pan de l'histoire: comment ça se passe pour les enfants volés après? ()




Dans le cadre du prix des Incorruptibles 3 e/2 de, les élèves encadrés par Mme Lasalle, professeur de français et Mme Moret, documentaliste, ont eu le privilège d’échanger avec Christophe Léon sur son métier et son roman Argentina, Argentina... ()



Ce récit est à la fois un témoignage historique datant de la dictature argentine et une quête d’identité du héros de l’histoire dans le Buenos-Aires d’aujourd’hui.

En effet, le personnage principal revient sur les traces de son enfance lorqu’il a été, bien malgré lui et comme des centaines d’autres enfants à cette époque, adopté par les meurtriers de ses parents. Il relate son vécu à un journaliste français venu quelques jours en Argentine afin d’écrire un article sur ce sujet dont beaucoup ne savent finalement que très peu de choses.

Le début du roman nous plonge dans le climat de tension qui régnait à cette époque, la peur d’être froidement assassiné à causes de croyances politiques allant à l’envers du système, comme le grand père du héros avec lequel ce dernier était très proche et que le soi disant « accident » mortel a marqué à vie. Mêlant sentiments, incompréhension innocente de l’enfant, horreurs de la dictature argentine, prise de conscience, Christophe Léon relate la vie de ce petit garçon devenu grand, mais dont l’enfance s’est entièrement déroulée cloîtré dans la maison de militaires argentins.

Je regrette par contre le fait que l’auteur reste très vague sur les sentiments du jeune graçon durant son adoption forcée… Déteste t’il réellement ceux à cause de qui ses parents ont subi les « vols de la mort » (on jetait les résistants en haute mer du haut des avions en plein vol, afin de faire disparaître les corps) ? Comment perçoit-il sa vie durant ces années d’emprisonnement ? A-t-il réellement souffert psychologiquement ?
Le héros est appelé Pablo par ses parents, puis rebaptisé Ignacio par les militaires argentins. Lorsque la dictature tombe, que ces derniers s’enfuient, le jeune garçon parvient à retrouver sa grand-mère (unique personne encore vivante de sa famille) mais il ne reprend pas le nom de Pablo et préfère conserver celui d’Ignacio. Pourquoi ? Pourquoi garder le nom que les assassins  de nos parents nous ont donné ? Où est passé le véritable Pablo ? Il est sûr qu’une expérience aussi révoltante change une personne à  jamais, mais j’aimerais savoir ce qui a poussé l’auteur à vouloir faire conserver le nom d’Ignacio à son personnage...
Certains passages sont extrêmement touchants, comme celui où le héros aujourd’hui adulte entraîne le journaliste dans une course dans Bueno-Aires, exactement la même qu’il a parcouru lorsqu’il a retrouvé sa grand-mère. C’est un moment très fort du livre, que j’ai beaucoup aimé.
Le sujet du récit est révoltant, comment l’Homme peut il ainsi tuer ? Assassiner comme bon lui semble ? Prendre le pouvoir contre l’opinion publique et malmener ensuite sa population, faire régner un climat de terreur ?
Le livre de Christophe Léon dénonce ainsi cette violence aberrante et monstrueuse, tout en relatant le récit du personnage principal : c’est émouvant, captivant et pour ma part j’ai appris certaines choses sur la dictature Argentine. ()



Avec Argentina, Argentina… de Christophe Léon, partons donc en… Argentine! Milieu des années 70, Pablo est un jeune garçon de 5-6 ans, insouciant, entouré de ces grands-parents paternels et de ses parents. Leur vie est tranquille entre les champs pour le grand-père, l’imprimerie pour son père et sa mère qui attend un deuxième enfant. D’ailleurs Pablo espère bien que cet enfant sera une fille: il pourra la mater!

Le quotidien tranquille de Pablo bascule avec l’arrivée au pouvoir de la junte militaire dirigée par Videla. Rien ne sera plus jamais pareil.

Christophe Léon a pour (bonne) habitude de traiter des sujets extrêmement difficile (le handicap dans "La balade de Jordan et Lucie", le nuclaire dans "Silence on irradie). Ici encore, il dénonce les horreurs perpétrées par la dictature militaire en Argentine à la fin des années 70. J’avais découvert ce pan de l’histoire de l’Argentine en lisant Mapuche de Caryl Férey et j’avais été effarée. Même si les deux ouvrages ne s’adressent pas au même public, la violence des enlèvements, des meurtres, des vies brisées est identique. C’est (encore) un très bon roman de Christophe Léon, (encore) très dur. ()



C. Léon évoque le cas des enfants volés pendant la dictature de la junte militaire en Argentine entre 1976 et 1983. Pablo, âgé de 6 ans vit avec ses parents et ses grand-parents, ils mènent une vie heureuse dans la ferme familiale. Mais le père de Pablo est un syndicaliste, la folie meurtrière les rattrape. Les parents de Pablo sont assassinés lors de leur passage dans la sinistre Ecole de Mécanique de la Marine, et Pablo est "adopté" par un colonel. Son histoire est racontée à l'occasion d'un reportage effectué par un français. C'est l'angle retenu par l'auteur : les enregistrements du récit d'Ignacio Guttierez (Pablo) forment la trame du roman. Un thème pas si facile à aborder en littérature jeunesse, le talent de C. Léon lui permet de relever le défi mais est-ce parce que je connaissais bien cette histoire particulière de l'Argentine et que j'ai déjà lu des romans et autres articles sur ces faits, mais je n'ai pas été ému par cette histoire ? En fait cette rencontre entre le journaliste et Ignacio me semble être une bonne idée, mais je ne sais pourquoi, cela sonne faux et du coup altère la qualité du roman pourtant bien construit par ailleurs. C'est idiot, mais on s'attache aux détails quand on connait l'Argentine, et le maté par exemple se boit non comme un thé mais avec une "bombilla", cela a peut être aussi contribué à ne pas me faire adhérer complètement au récit. Mais c'est surtout la fin qui ma mis mal à l'aise . Comme pour la Randonnée, autre roman de C. Léon, la fin est ouverte mais que vont en penser les lecteurs ados ? Je vais voir les réactions puisque ce roman a été retenu pour figurer dans un Défi.()



C’était il y a tout juste 40 ans. Certains enfants d’opposants au régime en place étaient enlevés et confiés à des familles au Pouvoir pour en faire de « bons » argentins. « Argentina, Argentina », roman de Christophe Léon propose de suivre un jeune adulte dans le récit de son enfance tourmentée. Il livre avec subtilité et force le témoignage de Pablo devenu Ignacio, une double identité analysée sans fards.

Argentina, Argentina de Christophe Leon« Argentina, Argentina » de Christophe Léon (Oskar éditeur) éclaire sur la dictature des années 70 en Argentine. Au fil des enregistrements et heures d’écoute (on vit l’histoire au rythme des « rec », « pause » et « play » du journaliste narrateur), on suit ce dialogue intimiste entre un journaliste français débarqué à Buenos Aires pour 3 jours de reportage et Ignacio, jeune Argentin étudiant en médecine.

Ignacio n’a pas été un enfant comme les autres. A 6 ans, sa vie bascule quand ses parents et lui-même sont arrêtés par le Pouvoir du fait des activités d’opposant de son père.

Avant d’arriver à ce tournant, Ignacio dresse le portrait d’une enfance heureuse mais rude, faites de petits bonheurs – l’odeur de lait de sa mère, les herbes aromatiques de sa grand-mère, son grand-père travaillant dans les champs, etc. Il dépeint chaque membre de sa famille et l’ambiance dans laquelle il baigne. Mais la situation politique se dégrade tout comme la vie des Argentins. Ignacio décrit avec précision cette atmosphère.

Arrive la terrible arrestation, la séparation d’avec ses parents (sa mère est sur le point d’accoucher), les heures horribles en cellule et l’interrogatoire de ce jeune enfant. Autant vous le dire, certains passages sont durs, mais que sont les mots à côté de la souffrance de tant de familles ?

Ignacio doit son salut à une famille de militaires qui ne pouvant pas avoir d’enfant va l’accueillir. Mais l’amour n’est pas franchement au rendez-vous, ou plutôt il passe par une éducation stricte. Pablo, rebaptisé Ignacio est éduqué – comprenez mis au pas au propre comme au figuré – pour devenir un enfant docile et adhérent aux valeurs du Pouvoir en place.

Et toute la force du récit tient dans cette vision ambivalente du jeune homme sur son parcours, sur ses sentiments contradictoires, sur la douleur qu’il ressent, et sur le plaisir qu’il trouve dans cette maison bourgeoise auprès du Caporal Guillermo Jorge Meares, véritable ange gardien pour ce jeune enfant. Entre compromis, remords et reconnaissance, il est bien difficile pour ce jeune adulte en construction de trouver sa voie.

Si Ignacio retrouve sa véritable grand-mère à la fin du roman… il va connaître la désillusion de découvrir son frère, né en captivité et également confié à une famille proche du Pouvoir. Hélas, ce frère – qui n’a aucun souvenir ni aucune attache avec sa famille biologique – ne voudra pas le rencontrer.

A noter : les Grands-mères de la place de Mai est une ONG fondée en 1977 en Argentine, dans le but de retrouver les enfants volés par la dictature militaire et les rendre à leur familles légitimes. Ignacio en fait l’écho en fin de roman.

Ce roman sur la quête d’identité sur fond de dictature militaire apporte un éclairage sur une période historique difficile de l’Argentine. Un très beau témoignage-fiction sur ce que certains ont dû vivre en Argentine. Eclairant, dur mais sans faux semblant. ()