LITTÉRATURE GÉNÉRALE
(romans,
récits, essais, nouvelles)
Écran plat, essai, collection Dérapages, aux éditions du Somnambule équivoque
date de parution avril 2009Une tempête, une panne de courant et l’angoisse commence – un monde sans télé peut-il exister ? Possible, répond Christophe Léon… mais non sans effort. Écran plat brosse le portrait pathétique d’un homme moderne, esclave consentant d’une société qui l’annihile. L’auteur illustre le combat du télémaniaque pour se sevrer de drogue téloche et se mesurer à la réalité telle qu’elle est et non à celle que dictent les dieux de l’audimat. Écran plat peut se lire comme une réponse ou, davantage encore, comme un prolongement au roman de Chloé Delaume J’habite dans la télévision. Un livre salutaire, invitant le lecteur interpellé à reprendre le contrôle de sa vie et à rejeter la pensée cathodique unique...
Le ton, le style :
Maniant un style drôle et corrosif, Christophe Léon déploie son ironie coutumière. À travers une langue colorée, il maintient aussi un haut degré d’exigence littéraire qui se remarque dans les enjeux narratifs du texte. Dans son avertissement, Christophe Léon présente Écran plat comme un « documentaire ». En effet, l’essai est construit comme une émission de télévision, du ON initial au OFF de l’extinction (définitive) des feux.
Avec “Ecran plat”, l’écrivain français Christophe Léon s’en prend violemment à la télévision. Et raconte son sevrage de cette drogue dure.
Entretien
Si Christophe Léon a intitulé son dernier ouvrage "Ecran Plat" (*), ce n’est pas en clin d’œil aux magnifiques téléviseurs qui se glissent sans cesse plus nombreux dans nos salons et nos chambres C’est plutôt en rapport avec l’état de l’électroencéphalogramme du téléspectateur moyen, nourri aux jeux débilitants, aux talk-shows dégoulinant de paillettes, aux émissions de téléréalité décervelantes Comme le rappelle l’auteur, il ne faut en effet se faire aucune illusion sur le cynisme de certains responsables de chaînes Face aux professionnels de la publicité en 2004, Patrick Le Lay, alors P.D.G. de TF1, n’affirmait-il pas sans ambages : "Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation [ ] de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. [ ] Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible."
Léon ne peut qu’applaudir une telle franchise, lui qui a finalement une vision assez proche de la télévision quand il écrit qu’elle "permet à une majorité de s’abstraire d’une réalité trop pesante, elle résout la difficulté d’être par une anesthésie générale de la pensée [ ], elle abaisse le seuil de la conscience"... (La Libre Belgique, article du 22/10/09 au sujet d'Écran plat version NET ou la page originale du journal version pdf)
Ainsi Écran plat, de Christophe LÉON (le Somnambule équivoque), une charge corrosive contre la "télé-verrue" et son vide abyssal, où le spectateur lambda en prend plein la tronche.... (par André Stas pour C4)
Lecture : Ecran plat. Ou comment se débarrasser de la télévision sans douleur. (Journal L'Echo, 18/11/2009)


