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[...]
L'histoire de l'Argentine, dont les mère de la place de Mai font vivre
encore le souvenir tous les dimanches à Buenos Aires, m'a toujours
bouleversée. Tous ces disparus, ces corps que l'on réclame, ces enfants
nés en prison dont on ignore ce qu'ils sont devenus... J'ai donc dévoré
ce roman, qui pourrait être une histoire revendicatrice pleine de bons
sentiments et qui pourtant évite tous les écueils dans lequel un style
trop simple aurait pu l'emmener. Ignacio n'hésite pas à emmener Pascal
dans une course folle dans les rues à la rencontre de son passé. Mais
le colonel et sa famille ne sont pas les monstres qu'ils devraient
être. Clouée dans un fauteuil, la colonelle élève Ignacio à coup de
baguette pour lui faire apprendre à lire et à écrire plusieurs langues.
Loin d'être une torture, la vie qu'il mène auprès d'eux passerait
presque pour une opportunité. Et lorsqu'il essaiera de retrouver sa
famille, on ne tombera pas non plus dans les grandes retrouvailles
larmoyantes. Rien n'est si simple, et c'est ce qui donne au roman toute
sa profondeur. Tout en nuance mais sans s'épargner une grande force, il
m'a profondément marqué. (6 octobre 2011, Ma Bouquinerie)
Dans
ce contexte pour le moins troublé et bouleversant, plusieurs questions
et problèmes sont soulevés : le rapport à la famille biologique et
d’adoption, l’importance des origines, et par là même la transmission
et l’éducation. Ce sont des questions existentielles qui touchent
intrinsèquement tout un chacun dans la construction de soi. Mais dans
une telle histoire, une telle ambiance, elles prennent une réelle
ampleur et deviennent profondément préoccupantes. Car on prend alors
conscience que nous sommes bien loin d’être dans un monde manichéen.
Les bourreaux peuvent aussi avoir de bons côtés – et on a plus de mal à
leur en vouloir. Inversement, même paré des plus belles intentions, on
ne parvient pas nécessairement à ses fins. Des sentiments ambivalents
cohabitent et les remises en cause de soi sont alors bien douloureuses.Argentina, Argentina...
édition Oskar
coll. Histoire





[...] Ce
tête à tête est vraiment prenant, les personnages sont bien campés et
je trouve intéressant de présenter cet épisode tragique de l’histoire
Argentine qui dura de 1976 à 1982. Christophe Léon réussit parfaitement
à en présenter l’atrocité sans tomber dans le sordide. (Le bateau livre, 16 novembre 2011)
[...]
Ce roman, témoignage d'une période trouble qu'a vécue l'Argentine dès
1976, est très bien mené et présente un double intérêt : la relation de
faits tragiques subis par une famille -comme tant d'autres- et la
qualité du personnage d’Ignacio. Son portrait, en constante évolution,
est vraiment réussi : très jeune, sa vie rencontre l’Histoire et va en
être à jamais bouleversée. Ses sentiments, entre incompréhension et
révolte, sont décrits de manière juste, sans tomber dans l'écueil d'une
violence vengeresse à laquelle il pourrait prétendre. On est rapidement
happé par son récit bouleversant et on découvre à sa suite le pouvoir
des mots. Un roman, fort, bien rédigé, qui, en rappelant ce contexte
politique complexe, fait réfléchir. Un texte d’une grande intelligence
et d'une pudeur remarquable.(Choisir un livre, décembre 2011)
Pascal
part en Argentine, pour rencontrer Ignacio Guttierez. Il souhaite
écrire un article sur les enfants volés par les militaires argentins
pendant la dictature. Ignacio fait partie de ces enfants. L’adulte
qu’il est aujourd’hui va pendant 3 jours, raconter son histoire, ses
deux vies, ses déchirements, ses doutes, ses choix.
Pascal
Forte prépare un article documenté pour le magazine qui l’emploie.
Sujet : les enfants volés par les militaires argentins durant la junte.
Il s’envole pour l’Argentine à la rencontre d’un de ces enfants devenu
adulte, Ignacio Guttierez. Au cours d’entretiens enregistrés, Ignacio
dévoile son histoire au journaliste, la vie avec ses parents et
grands-parents, son arrivée à Buenos Aires, comment il a été séparé de
sa famille, la disparition du père et de la mère, son
placement-adoption chez le colonel Guttierez et les années passées chez
eux.
[...]
Le rythme est haletant et c’est là, sans doute, l’idée la plus
brillante de ce roman : Pablo/Ignacio raconte son histoire dans une
interview, avec difficulté et angoisse, ce qui divise le récit en
autant d’épisodes, ménageant un suspens quasi policier et amenant le
lecteur à éprouver des émotions intenses.
Argentina,
Argentina... est un roman assez court mais d'une intensité dramatique
remarquable. Christophe Léon ne s'attarde pas sur des détails inutiles
- comme la vie personnelle de Pascal, le journaliste, ou son projet
d'article - et prend le parti de centrer son récit sur un pan de
l'histoire de l'Argentine, raconté par un personnage adulte à travers
ses souvenirs d'enfant.